Bon, je vais arrêter de vous résumer mes journées une par une, et parler des activités intéressantes !
Mercredi dernier un café était organisé par le département de Français d'Ajou : étaient présents les étudiants en français coréens, des Français, le responsable culturel de l'ambassade de France en Corée, et un ingénieur de Renault Samsung ! Du beau monde !
Ambiance très sympathique et détendue : Nous avons même dansé Gangnam style, trois Français et moi ! Au moins maintenant je connais la chorégraphie par coeur !
Mais nous n'avons pas eu le temps de trainer : le lendemain, la visite des lycées de Séoul nous attendait. Le titre de mon article y est grandement lié : j'ai découvert que la célébrité est un bien dur métier ! Nous avons visité/prospecté trois lycées en une seule journée.
Le premier est un lycée de langues pour filles, lié à le prestigieuse Ewha Womans University. Le niveau n'a rien de comparable à celui en France : les jeunes filles comprennent tout et sont juste timides pour nous répondre. Nous avons fait un jeu simple. Les bâtiments sont en très bon état et propres ; visiblement l'argent ne manque pas dans ce lycée. Dans cet établissement-ci déjà nous avons créé une petite émeute, enfin surtout François, très admiré des demoiselles. . . !
A la sortie nous sommes tombés sur une famille de chats errants aux couleurs automnales : un petit bonheur de plus dans la journée !
Le second lycée est un lycée artistique : chant, danse, dessin en particulier. La différence est flagrante : vieux bâtiments, et architecture totalement différente. Je le préfère au premier personnellement : il fait plus vivant, en plus les œuvres des étudiants sont exposées absolument partout ! Les couloirs sont de véritables musées !
Par contre nous nous faisons beaucoup plus remarquer : à peine postés depuis une minute dans un couloir, des attroupements se forment déjà. . . les mêmes étudiants passent et repassent par le même couloir, quelle coïncidence !
Première classe : des dessinateurs ; par contre leur niveau en français est beaucoup moins bon que dans le premier lycée. La communication commence à être difficile, d'autant que l'effectif est élevé, plus de 40 élèves.
Nous leur faisons faire un "dessiner c'est gagner" ! Tout se passe bien et à la fin du cours c'est la ruée pour prendre des photos avec nous ! Tout reste contrôlable et ils demeurent tout timides malgré leur excitation. . . nous nous frayons un chemin jusqu'à l'étage du dessous pour une autre classe !
Des danseurs cette fois : encore nombreux, avec seulement deux garçons ! Nous adaptons l'activité : une chanson de Ben (l'oncle Soul) à mimer en dansant ! Certains s'en sortent plutôt très bien tandis que d'autres ne font aucun effort (dont les garçons !). Encore une petite émeute à notre sortie et nous voila enfin en train de manger tranquillement !
Le repas, offert par la professeure de français du lycée, est un des meilleur que j'aie goûté en Corée !
Sans nous attarder, nous filons en direction du dernier lycée. Un établissement où les garçons et les filles ont cours dans des classes (même des ailes du bâtiment) séparées. Celui-ci est un peu plus vétuste encore.
Nous attendons en dehors du bureau du professeur qui fait les photocopies, quand un élève (l'assistant du professeur) arrive dans le couloir. . . il nous voit, crie, trépigne d'excitation ou de surprise et court se cacher derrière le coin du mur. . . le prof nous dit plus tard qu'il est un peu simplet (sans blague. . . )
Nous montons dans les étages puis traversons le couloir des filles. Les salles de classes sont ouvertes avec des petites fenêtres, à claire voie, sur le couloir : si bien que ceux qui sont en cours peuvent voir tout le monde passer.
Dès que nous dépassons un classe, toutes les demoiselles crient et se précipitent hors de leur salle . . . notre progression ne passe pas inaperçue. On aurait même pu tourner un film d'horreur : quand toutes les issues sont bloquées, au fur et à mesure que les héros s'enfoncent dans un bâtiment rempli de zombis mangeurs d'hommes. . . j'ai trop d'imagination, je sais !
Nous fuyons et tournons au coin de l'aile des garçons, avec une horde de jeunes harpies sur les talons. . .
Et nous découvrons que OUI, nous allons faire cours dans une classe exclusivement masculine. . . nous, les filles, faisons sensation !
Ce n'est pas du tout la même ambiance que les précédents lycées : les élèves ressemblent plus à des Français : turbulents, bruyants, pas motivés et pas disciplinés du tout !
Nous essayons de les faire participer mais leur niveau de français étant lamentable, toutes nos tentatives tombent à l'eau. . . Arnaud, le professeur d'Ajou, nous disperse donc dans de petits groupes ; et là, c'est la folie. . . tous se précipitent vers Chloé (une jolie, petite, charmante Française avec de grands yeux !), les deux autres sont abandonnés (Lison et François ne sont visiblement pas à leur goût), quand à moi ils me regardent avec beaucoup d'appréhension. . . Arnaud me dit qu'ils sont très impressionnés ! Finalement je me mets avec un groupe qui m'assaille de toutes les questions qu'ils trouvent dans leur livre de français ! L'ambiance se détend, et nos deux groupes (celui de Chloé et le mien) ont très envie de faire connaissance ! L'un me demande même si mon inspiration me vient de Jeanne d'Arc, sans doute à cause de la coiffure !!
Quand la fin du cours sonne, c'est dramatique. . . une marée humaine (ceux des autres classes aussi) se précipite vers nous deux. . . à croire qu'ils changent de personnalité quand la sonnerie retentit, passant de légèrement dissipés à monstrueusement dégénérés. . .
Nous sommes littéralement coincées au fond de la classe, et de plus en plus d'élèves accourent. . . le prof, Lison et François nous regardent de l'extérieur, complètement désemparés, se demandant comment nous allons sortir de là !
Un véritable bain de foule, et les flashs crépitent (à l'exception du fait que ce sont leur portables. . .) ! Je ne pourrais dire combien de photos ont été prises ce jour là !
Nous nous extrayons tant bien que mal, en nous frayant au fur et à mesure de leurs sollicitations photographiques. . . ouf ! nous sommes sorties saines et sauves de cette expérience, flatteuse certes, mais un peu effrayante tout de même ! Il faut croire que tous les adolescents sont pareils, d'un pays à l'autre, et ne contrôlent pas encore leurs enthousiasmes !
Journée épuisante mais très divertissante !
Pendant le weekend nous faisons une excursion à Séoul pour aller dans un cat' café. Celui ou nous étions déjà allées avec Odélia étant plein à craquer, nous décidons d'en tester un autre. Bien mal nous en prend. . . la boutique est très mal tenue : l'endroit pue l'urine de chat, la plupart des animaux ont l'air malades et malheureux, et nous attendons nos boissons 40 minutes . . . Ma première très mauvaise expérience des cat' café...
Suite du week end très banale : sorties et repos en alternance.
Mardi soir : une performance du club de hip-hop d'Ajou est organisée, pour une fois nous abandonnons le travelling club, et nous avons eu bien raison ! Les danseurs sont très talentueux et l'ambiance du tonnerre ! Je ne peux assister qu'à une heure de spectacle, car un petit travail (rémunéré !) m'attend le lendemain !
Une classe de story telling a besoin d'étudiants pour une démonstration/participation à leur cours. Deux autres étudiants (un Allemand, et une Américaine. . . triés sur le volet !) lisent avec moi une histoire de leur choix ! L'expérience est aussi enrichissante pour nous que pour eux. Les élèves sont en fait des Coréens, professeurs d'anglais en école primaire. Après nos lectures ils nous posent des questions sur notre apprentissage de l'anglais. Discussion très intéressante, et, ce qui ne gâte rien, la rémunération est largement à la hauteur : 50 000 won pour 10 minutes chacun de lecture et discussion. Je vous rassure, 50 000 won, cela fait seulement un peu plus de 35 € !
Voilà deux semaines bien remplies qui sont passées à une vitesse monstrueuse. . . le départ approche de plus en plus !







